Résumé :
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Voltaire lit Blaise Pascal, Victor Hugo lit William Shakespeare, Jean-Paul Sartre lit Gustave Flaubert, et à chaque fois cette lecture est celle d'une vie entière.Qu'est-ce qui est en jeu lorsque la lecture s'écrit ainsi sans fin possible, qu'elle est lecture jusqu'à la mort ? " Un compte à régler ", dit Jean-Paul Sartre pour dire d'un mot la genèse de L'Idiot de la famille. L'explication, peu soucieuse d'occulter le lien entre le commentaire et la vie de son auteur, est ici décidément prise au sérieux. La précisent, la nuancent aussi, des considérations d'ordre poétique et rhétorique. D'un point de vue poétique, le présent travail postule - et met au jour - une connexion intime, sans doute intrinsèque, entre récit et commentaire, le second prenant du premier le relais vif. D'un point de vue rhétorique, il tente de caractériser non le texte qui commente mais son rapport avec le texte commenté: Voltaire, par exemple, est un " anti-Pascal ", Victor Hugo un autre William Shakespeare.L'antithèse, donc, l'analogie, mais aussi l'ironie, l'allégorie sont quelques-unes des figures parfois surprises ici à contre-emploi. Figures du duel, quoi qu'il en soit, qui pourrait bien donner du commentaire le chiffre essentiel.
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